"Béni soit la Provence, son soleil, ses couleurs, sa douceur"
"Béni soit l'université de Marseille, ses sorties fac"
"Béni soit Guy"
A en croire les propos* entendus au retour des
Deux Aguilles ce
samedi 9 février
2008, on est proche de la confusion :
Entre-t-on dans une nouvelle ère mystico-écolo spirituelle ? Est-ce l'avénement d'un nouveau mouvement religieux mêlant jouissance des bienfaits de la nature et plaisir dans l'épanouissement
sportif ? Une secte voit-elle le jour sous nos yeux ?
On peut l'imaginer !
Un précepte : l'adoration du calcaire provençal sous toutes ces formes.
Les lieux de culte : partout où l'escalade peut se pratiquer avec des sanctuaires où chacun devra se rendre en pélerinage au moins une fois dans l'année : les
Calanques,
Sainte Victoire,
Buoux.
Dans le rôle du grand gourou :
Guy, leader expérimenté, maitre incontesté du solo, encensé lors de toutes nos cérémonies, sage parmi les sages, captivant les
foules par d'incroyables et savoureux récits.
Devant tant de bénéfices dans la pratique de cette doctrine, le monde entier sera bientôt converti !
En tous cas, cette journée entière est fondatrice dans la saison 2007-2008. Fondatrice pour un groupe qui a franchi une étape dans son amour pour l'escalade, pour les falaises et la région qui
nous accueillent.
Quel grimpeur digne de ce titre peut imaginer manquer pareil conditions au coeur de l'hiver ?
Pas de vent , un soleil omniprésent et un site majeur à notre portée.
Et pourtant de nombreux cadres ont préféré délaisser notre calcaire pour un support encore plus immaculé mais à l'absence complète d'adhérence et autrement plus glacé. Chacun ses choix.
Pour les bienheureux présents à la
Sainte Victoire, la journée sera remplie de souvenir.
Entre l'Oppidum et l'Aiguille Bertine (photo de droite), bienvenue dans un océan de dalle !
Le cliché typique des Deux Aiguilles !
|
|
Dès l'approche, les participants défilent le long des lacets et découvrent la majesté des faces des
Deux Aiguilles : un ressaut continu sur
presque cent mètres, premier étage d'une face impressionante !
Glorieux VIP parmi les invités,
Eric décrit le mythique
Grand Parcours. Il se laissera facilement convaincre de mener un
groupe dans cette expédition vers les crêtes sommitales de la montagne (voir l'article consacré).
|
Tous
les noms sont inscrits au pied de chaque voie. Un aménagement très "commercial" qui permet de s'amuser des calembours et de choisir sa ligne.
|
Le reste de la troupe se noie dans un déluge de dalles. Les voies se comptent en centaine et le choix est démesuré (même si nous fréquentons les inusables classiques).
Certains se testent sur plusieurs longueurs histoire de ressentir le vertige d'une adhérence précaire à 80 mètres du sol. D'autres ont bien assez à faire avec les couennes interminables à
l'engagement prononcé.
Outre la dalle à adhérence, les
Deux Aiguilles, c'est aussi une trace du passé où l'ouverture du bas était synonyme de courage et de
confiance en soit. Le rééquipement en sécurisant l'assurage a conservé la distance entre chaque plaquette. Ici, pas de cotation facile et de lignes vite enchainées.
C'est l'école de l'humilité. Tout se mérite ... et souvent, la trouille au ventre !
Il faut faire preuve de patience et d'abnégation en acceptant de descendre d'un cran dans la difficulté. Rien de tel qu'une séance aux
Deux
Aig' pour dégonfler un peu ses prétensions. La quintescence se trouve au secteur du
Grand Mur avec des challenges historiques
dans le 6 et le 7 :
"Messaline",
"Ovni",
"Lévitation",
"Médius", ...
Une fois les particularités des lieux digérées, le plaisir est immense !
A l'issue d'un combat mental épuisant, quelle décharge d'émotions lorsqu'on clippe le relais réussissant le à-vue ! Certainement, les souvenirs les plus marquants accompagnent les voies de
caractère.
Lilas, dernière adoratrice du calcaire de la Sainte.
|
|
Quand le soleil commence à décliner, la fatigue atteint quelques uns préférant finir la séance à échanger leur projet à venir. A l'inverse, l'imminence de la fin de séance décuple les forces et
donne un regain d'énergie aux grimpeurs les plus assidus.
Peu importe la nuit tombante, les voies toutes plus belles les unes que les autres s'enchainent à la suite.
Et quand on apprend que le groupe du
Grand Parcours en a encore pour une bonne heure de descente, on remercie cette prolongation tombée du
ciel. Les frontales s'allument et irradient la falaise endormie.
La fatigue refroidit les organismes et l'enthousiasme. Heureusement,
Guy sait faire passer le temps plus rapidement en contant de passionnantes anecdotes dans les grandes
traversées.

Aligné comme à la parade, tous écoutent attentivement les péripéties des étudiants lors des années précédentes... en espérant très fort ne pas devenir le héros involontaire des prochaines
saisons.
|

|
Finalement vers 20h, nos rescapés nous rejoignent. La descente s'amorce couvert par le résumé de leur ascension.
La saison 2007-2008 semblent définitivement placé sous le signe des voies à rallonge et des retours tarifs à la lumière des étoiles.
* toute correspondance avec des discussions réelles n'est pas une coïncidence. Aucune fiction ! Les auteurs de ces paroles se reconnaitront ils ?