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Bienvenue à tous !

Sous la conduite du très expérimenté Guy, éleveur de grimpeurs depuis 1973, les étudiants de Marseille peuvent s'initier à la pratique de l'escalade et à l'apprentissage de l'autonomie en cordée dans le cadre des activités du service des sports.

Ce journal contient les résumés des sorties en falaises organisées les week ends de novembre à juin.

[En dehors de cette période, ne vous attendez pas à de fréquentes mises à jour !]

Les participants peuvent nous écrire quelques anecdotes. C'est les amis et la famille qui vont s'étonner de vous voir si téméraire !!!

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Etudiantes, étudiants !  Grimpeuses, grimpeurs !

 

Ce blog est le votre alors faites-le vivre en envoyant des résumés ou des anecdotes vécues lors des sorties d'escalade de la fac' . Pas de recherches esthétisantes sur la présentation mais de l'infos, des images et du vécus !!! Vous êtes également invités à réagir avec vos commentaires sur les articles !

 

 


 

   Les difficultés d'organisation et la mort annoncée des sorties fac' sont décrites dans la page "Les sorties fac' en péril". 

   Définitivement oubliées ? Perdues dans les méandres de la mémoire collective ? Repoussées par le rythme immuable de la saison qui démarre, les sorties du printemps 2007 sont laissées en suspend. Peut être, un jour les retrouvera t on entremêlées dans notre lecture quotidienne ...

Mercredi 6 février 2008

  Témoignage rédigé par Michaël Robinet : 

 
 -



Le milieu vertical, son hostilité, ses dangers objectifs, vous connaissez !

Alors, imaginez les risques innombrables qui s'accumulent en hiver :   

  • journées courtes,
  • une météo des plus capricieuse : vent, neige, verglas, tempête,
  • températures inhospitalières,
  • des conditions de grimpe des plus déplorables,
  • et le dégel faisant naître une aléatoire pluie de cailloux.

Des conditions extrêmes qui réclament sérieux, prudence et grande organisation.
Vous l’aurez compris, une ascension hivernale n’est jamais de tout repos, ...


... même dans les Calanques !!!!




Pour preuve, laissez moi vous détailler le déroulé de cette journée épique du 2 février 2008 !

 

La marche d’approche depuis le parking de Morgiou jusqu’à l’Aiguille de Sugiton est avalée dans un temps raisonnable, malgré un petit arrêt pour observer le paysage et échafauder quelque projet dans les parois avoisinantes. Mon choix se porte sur "le Crépuscule", une fissure en 2 longueurs qui ne présente pas de difficulté particulière, si ce n’est une traversée en arête très aérienne pour rejoindre l’ancrage du rappel.

Je prépare le matériel, briefe mes clientes (Morgane, Lilas) et la 2ème cordée (Sidonie et Dorothée). Nous partons aussitôt rejoindre le pied de la voie. Il y a un peu de vent mais ce n'est qu'un courant d'air ! Qu’importe, faire équipe avec 4 filles ne peut que me ravir …

Dans mon enthousiasme, je débute la voie et rapidement, me rend compte que la difficulté est bien au dessus de ce que j’imaginais. Mais je ne dois rien laisser paraître. Tout le monde me regarde. Sous le poids de cette attention, je ne veux pas les décevoir. J’atteins non sans mal le premier relais et m’apprête à faire monter Morgane et Lilas quand un montagnard solitaire me fait signe : je ne suis pas dans la bonne voie !!!! Voilà bien mon premier problème et cela ne fait que commencer. 

Faisant entièrement confiance à mes partenaires de cordées pour gravir cette première longueur (5c/6a), je leurs fais signe de venir. J’ai sur-estimé mes secondes ou sous-estimé la difficulté mais le résultat est le même, elles sont bloquées dans les passages très à doigt où les placements sont très importants. Pour les aider un peu, je mets en place un mouflage pour tracter la corde. A la force de mes bras couplée à leurs efforts herculéens, la jonction s'opère et nous voilà tous au relais. Toutes ces manips de cordes ne sont pas sans conséquence : un magnifique paquet de nœuds nous attend. Encore quelques minutes de perdues. 

Nous rejoignons le relais de la voie normale où nous attendent Sidonie et Dorothée. Elles se préparent déjà à partir pour la 2ème longueur. Par anticipation, j'estime qu'il faut me retrouver en tête pour la traversée de l'arête. Aussi, je leur demande de faire un relais intermédiaire sur la vire suivante tandis que je grimperai d'une traite jusqu’au relais sommital.

Ce dernier relais est situé quasiment sur l’arête, ce qui l’expose aux rafales de mistral (tiens, on l'avait oublié celui là !). Morgane et Lilas sont rapidement sur place et j’entame directement la traversée. Le mistral redouble de vigueur. Il devient très difficile de se maintenir debout sans craindre d’être précipité par le vent dans le vide qui borde les deux cotés de la traversée (un bond qui ferait mauvaise impression sur le moral de mes troupes). Je m’empresse de faire venir mes secondes. Par précaution, Morgane a pris une extrémité de la corde de Sidonie et Dorothée afin de la passer dans les ancrages (pitons pour la plupart) qui ne sont pas facile à trouver (judicieuse et opportuniste idée). Je me prépare à lancer le rappel quand Dorothée me fait signe : Sidonie ne va pas bien. Des maux de ventre, la vue qui se trouble, un engourdissement des mains… 
Je me résigne à refaire la traversée dans l’autre sens pour rejoindre Sidonie et Dorothée, laissant derrière moi Morgane et Lilas. Mais me voici confronter à un sérieux dilemme. Descendre dans la voie avec Sidonie et laisser Morgane et Lilas faire un rappel sans aucune aide ou forcer Sidonie à faire la traversée pour faire le rappel à l’extrémité de l’arrête. Devant le manque d’expérience des cordées (et c’était bien le but de cette voie d'initiation), mon choix s'impose : j’accompagne Sidonie dans la traversée pour superviser tout le monde dans la descente. Tout se passe sans problème. 

Je prépare la corde pour le rappel et attend un moment d’accalmie entre deux rafales pour le jeter. Devant mon impatience, je jette la corde malgré le vent et elle file droit dans mon dos pour ce retrouver sur un ressaut plus bas dans la paroi. Pourvu qu’elle ne soit pas coincée. Pour le deuxième brin, je me résigne à attendre un répit des bourrasques. Avant de descendre, je révise une dernière fois la manip' du rappel avec tout le monde. 
Arriver en bas, il faut absolument éviter que sous la force du vent, la corde aille se coincer derrière une écaille. Sidonie est rapidement en bas du rappel et je l’accompagne jusqu’au reste du groupe. A mon retour, je m’aperçois que la corde du rappel est maintenant coincée dans une écaille. J’essaye en vain de la libérer mais n’y parvient pas. 

Finalement, Guy, le sauveur funambule, partira faire une voie oubliée sur le pilier pour rejoindre les 3 filles qui attendent depuis 30 minutes dans le vent. Appliquant la technique du pingouin serrée les unes contre les autres, elles ont survécu au refroidissement collectif. Bientôt tout le monde est en bas et nous pouvons enfin rentrer.
  
 

Le bilan de cette ascension n’est pas très glorieux. Départ 10h, retour 16h30, soit 6h30 pour faire une voie de 2 longueurs, des nœuds dans les cordes, un rappel coincé. Quoi qu’il en soit, ce fut un exercice intéressant pour moi que de gérer cette situation qui s’avérera plus tard être une petite crise d’angoisse décuplée par le froid. Je tiens aussi à remercier tout le monde pour leur patience, Morgane et Lilas pour avoir assurer sans peut être pour autant savoir tout ce qui se passait, Dorothée pour avoir gérer la situation avec Sidonie et Sidonie pour s’être forcée à faire la traversée et le rappel.

 

Je pense que je m’en souviendrai longtemps … 








Additif du correcteur (Gwen) :

A la lecture de ces lignes et des difficultés rencontrées,  voici quelques solutions supplémentaires pour accroitre vos possibilités dans ces situations : 

  • Vue la configuration de la voie (60 mètres rectilignes sans dévers), il est possible de mouliner sur un brin le grimpeur en difficulté. Avec les cordes à doubles de 80 mètres, l'opération est envisageable. Arrivé au sol, le grimpeur se détache et on peut ravaler la corde pour faire la traversée. Cette solution n'est envisageable qu'avec une corde assez longue, un grimpeur un minimum coopérant, un profil positif sans dévers.
  • Installer son rappel n'oblige pas à jeter systématiquement la corde. Non seulement le vent peut l'emporter mais la végétation peut l'accrocher ou même une cordée peut grimper dans cette voie de descente et se faire ainsi violemment fouetter. Dans ces conditions, il convient d'entamer le rappel avec les anneaux en mains et de les dérouler au fur et à mesure de sa progression. 

 


par Michaël publié dans : Site école des Calanques
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Commentaires

A propos des solutions proposées, elles sont plutot judicieuse.
J'ai d'ailleurs cherché dans ce sens, mais mon cerveau, sans doute abruti par la masse d'information et le vent, n'a pas trouvé de solution.

Mais je prend note, au cas où ...
commentaire n° : 1 posté par : Michael le: 11/02/2008 11:38:11
  Ouh là là, les conditions dans votre pays semblent terrible ! Digne d'une hivernale !
 Venez donc en Valais, la neige a disparue, le soleil tape fort et il n'y a pas de vent....
  A savoir qu'on se met dans de telles situations en cumulant de petites erreurs qui ne sont pas grave prise individuellement mais qui cumulées font la situation dangereuse. Il faut garder un point de vue extérieur à la situation pour pouvoir l'analyser de facon globale et ne rien oublier. En lisant le texte, c'est clair que très peu de chose n'était en faveur d'un bon déroulement: un fort vent, un parcours d'arrètes, peu de personnes expérimentées, un plantage dès le départ....  Mais le probleme c'est que les acteurs ont traiter les problemes que 1 par 1. Le vent Ok on mettra une veste, l'inexpérience c'est bon il y a Gwen, d'ailleurs il a du bien lire le topo, l'arete pourquoi  pas en second...    mais quand il faut tout gérer en meme temps et bien ca ne marche pas !  Malheureusement on est tous pareil, la motivation l'emporte et on a du mal à dire: Attention est ce que je ne me met pas dans une situation délicate avant meme de partir ?
  Sinon on en a vu d'autres.... et c'est ca qui fait la magie de l'escalade et les histoires à raconter...
  A+   Vins.
commentaire n° : 2 posté par : vins le: 12/02/2008 09:17:11
Rendons à César ce qui lui appartient  ou ... 
... à Michaël ce qui sort de sa plume !

Il me semblait bien que quelquechose m'avait échappé dans les corrections. Merci Vins d'avoir mis le doigt dessus : la signature du texte.
Je n'en suis que le transcripteur et c'est bien Michaël qui raconte cette anecdote. C'est maintenant corrigé !

Désolé Vins, mais, c'est pas sur ce coup là que tu me piégeras ("Gwen, il a bien dû lire le topo"). Enfin, je ne te connaissais pas aussi fin tacticien (tu voyages dans l'espace pour avoir autant de recul ?). C'est la leçon de l'expérience des grandes galères ...
commentaire n° : 3 posté par : Gwen le: 14/02/2008 10:56:24
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