Samedi 2 décembre 2006 : le ciel gris est menaçant.
Les falaises sont sèches et pour varier les plaisirs et éviter l'Escalier des Géants, en route pour Pastré.
Pastré : son chateau, son parc aux pelouses noyées par une foule familliale dès les premières douceurs dominicales, sa pinède au moins centenaire, sa montée le long d'un mur (origine du sentiment de propriété exacerbé des provençaux), son site école patiné par des générations innombrables de grimpeurs hésitants, son rocher gris typique de ces faces nord peu habituées aux caresses du soleil.
Le tableau est posé !
Les grimpeurs s'essaient dans des voies dalleuses.
La dalle (ou "escalade extérieure" par opposition à l'escalade dite "intérieure" en fissures, cheminées et autres dièdres), terme regroupant ce style d'escalade moderne (car peu exploré jusqu'au début des années 1980 en raison du manque de protection possible sur ce rocher compact) sur un rocher plus ou moins incliné où les petites prises réclament plus de technique et de précision dans la pose des pieds que de force pure. C'est actuellement le support d'initiation le plus courant.
Elle trouve toute sa quintessence dans des massifs comme la Sainte Victoire aux Deux Aiguilles (où l'adhérence, le pied à plat loin au dessus de la dernière dégaine, est une émotion à vivre) mais le premier contact à Pastré avec ce style d'escalade est toujours intéressant : son calcaire gris souvent jugé de peu d'adhérence n'est pas l'ami des néos-techniciens.
Et quand il faut poser le pied sur une ridicule bosse et pousser à en faire exploser sa cuisse, on se demande vraiment si la gomme des chaussons high-techs des collègues n'effacerait pas le sentiment de glissade provoqué par la semelle lisse de nos baskets ("j'ai le pied qui zippe !").
Dans ces conditions, on se retrouve rapidement à prononcer cette exclamation clé : "mais y a plus de prises !!!!".
Le ciel est pour une fois indulgent et après quelques coups de semonces, le matériel est déjà à moitié remballé quand survient la vraie averse synonyme de fin de séance. Les dernières cordes sont à peine imbibées et Guy n'aura pas trop de séchage à improviser chez lui.
Retour après 13h ! Ca va, c'est honnête pour une matinée annoncée pluvieuse.
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Virginie pensait vivre une matinée tranquille. C'est sans compter sur Guy qui, profitant d'un nombre restreint d'étudiants ce jour, l'envoie dans toutes les moulinettes installées et la motive pour reprendre l'escalade en tête ; ici dans "La rampe des nains" 4c.


A la descente de "GR 2001" 5b, une voie gavée de prises énormes (baquets) avec un passage en dièdre pour tester les mouvements en opposition.
Dernier mouvement dur dans cette voie pour Vincent : avec ses petites prises à picous, "Qui s'y frotte s'y pique" 6b.


"Miax direct" 5b avec la bifurcation à droite pour éviter le pas de dalle patiné. Dans le jargon du grimpeur, c'est un biscuit : terme désignant toutes entorses à l'éthique de l'escalade sportive.
Promontoire d'observation idéal !



