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On s'attendait à une procession de chenilles à pareil époque. Mais année sans ou traitement radical, aucune ne pointe son nez dans les Calanques (ailleurs, elles sont partout). En guise de procession, ce sont les étudiants qui s'amusent en file indienne sur le chemin de l'Aiguille de Sugiton. ![]() |
Malgré le mistral, le choix s'oriente vers ce site dans le but d'approfondir les techniques en plusieurs longueurs. L'approche imminente de la sortie des "petites traversées" demande d'être au point sur ces manoeuvres.
Dans les 40 minutes qui suivent l'arrivée au camp de base, les leaders font un choix fulgurant de leur voie en face sud-est pour espérer un peu de soleil et d'abri du vent.
Certains, aveuglés par leur propre désir, ne proposent que difficulté irréalisable à des seconds condamnés aux séances de tire-clou (voir plus loin). Ce n'est pas vraiment l'esprit des sorties fac' où le plaisir passe par une relative aisance pour tout le monde...
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Guillaume, le roi de la couenne, part dans "L'ANPE", une classique dalleuse en première longueur puis
avec une belle fissure technique en deuxième longueur, dans la pure tradition des pionniers (même si l'ouverture est de 1981, loin des années soixante). Admirez la prestance ! ... sans casque, ni sangles, ni dégaines longues, ni mousquetons à vis ! On imagine l'improvisation pour faire son relais ! Sylvain (photo de droite) essaie de gérer la difficulté dans L1 en 5c : pas évident de résister dès le surplomb à rétablir ! Et ne parlons pas de passer la seconde longueur réclamant encore un peu de puissance dans la fermeture de bras. Persévérance ! Voilà ce qu'il faut se dire quand on reste coincer à 40 mètres du sol ! Les efforts ne sont jamais superflus. |
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Sur une ligne voisine, Gwen emmène Amandine dans "L'AJ", une voie sympathique si on se borne à ses deux premières longueurs. La dernière se résume à un pas de bloc violent et peu intéressant si ce n'est d'atteindre la crête.
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La première longueur en 5b remonte une belle fissure avec d'accueillantes gouttes d'eau sur la gauche pour placer un petit écart.
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![]() Une coupe de printemps, cela faisait bien dix ans qu'elle l'attendait ! L'impénétrable buisson a volé au vent (esquivant Caroline au passage) et libéré cette traversée redevenue confortable sans s'esquinter dans les ronces. Suite de la deuxième longueur :
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Toujours dans un esprit d'initiation et de découverte, Michaël visite "Super vétéran" avec ses partenaires du jour : Lilas et Ariane.
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Coté 4c sur le topo, cette fissure-cheminée en première longueur est un challenge autrement plus dur pour le grimpeur moderne plus habitué à l'escalade extérieure (comprendre la dalle) que
l'escalade intérieure (ramonage, écart, oppositions en tous genres). Nouveau Rebuffat contemporain, Michaël gère subtilement le passage ... surtout devant des spectatrices, il faut être à la hauteur. ![]() Indifférent à la pression, Michaël reconduit une partie de l'équipe qui lui a valu les honneurs des records d'ascension du "Crépuscule" (le mois dernier à relire sur ces pages). Reléguant cette aventure au rang d'anecdote pour amateurs de sensationnel, il prouve toute sa valeur en menant ses deux clientes saines et sauves au sommet de cet interminable itinéraire d'au moins cinquante mètres ;-)) |
![]() Guillaume sort ; la voie est libre ! Le groupe s'attaque à la seconde longueur : une traversée ascendante suivant une belle fissure bien décollée. Toute la difficulté se situe à la fin quand cette faille se réduit en quelques verticales discontinues. Lilas observe avant de s'engager dans ce pas dur.
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Regroupement sur la crête de l'Aiguille ! A cette vue, elle prend tout son sens avec à peine trois mètres de large pour basculer d'un côté ou de l'autre. Nul abri du vent ici ! Vite ! Descente en rappel d'urgence ! Pour renforcer les chances de soutien, Matthieu (photo à droite) s'équipe de deux seconds pour affronter "T'aimes les vols canard ?". Une classique en 6 de la face ! Elle s'avérera surdimensionnée pour Olivier, préférant redescendre de L2 pour ne pas se gâcher sa journée. |
Fini les
attentions particulières pour ses clientes, Michaël préfère le cours pointu de photographie appliquée avec Benoit. Lilas est dans
l'obligation d'intégrer les notions d'autonomie complète dans son dernier rappel.
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Dans la même veine, la cordée suivante s'élance dans "Punch Coco", une ligne en 6b et 6b+ qui a sans doute ravie Caroline : les prises qu'elle a le plus utilisées sont faites de sangles et de cordes plutôt que de calcaire. L'apprentissage de l'artif' et du tire-clou n'était pas vraiment au programme de la journée. Espérons que ces deux longueurs dures n'ont pas entamé son plaisir.
Grimper à son niveau max est certes source d'accomplissement pour le leader mais partager une grande voie facile avec un partenaire d'un niveau plus bas sera bien plus valorisant pour la cordée.
C'est surtout cet état d'esprit qui est privilégié lors des sorties fac' : pas vraiment de recherche de performance mais la réussite d'une cordée atteignant ensemble le sommet (un vrai esprit montagne en quelque sorte).
A bon entendeur, ...
Microscopiques sur la photo, les cordées contigües à l'épreuve du tire clou ! Entre concours d'artif' dans l'une et erreur de parcours dans un 6c pour l'autre ! Quel est le meilleur choix ? |
Arrivée à la
fin de L2 de "Punch Coco" 6b+. Bel effort !
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Quand le
second devient exclusivement un assureur et non plus un partenaire de grimpe, le contrat moral de la cordée est il rompu ?
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Le spectacle au sommet livre toute sa magie : la Paroi des Toits et ses dévers marrons, la calanque de Sugiton aux eaux turqoises, la calanque des Pierres Tombées, le Socle et la Grande Candelle.
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Pour le reste des participants n'osant pas se lancer dans plusieurs longueurs, Guy avait concocté quelques ateliers au secteur Angelvin : voies en tête ou moulinettes pour les plus dures, rappels depuis la vire.
Tout le monde a peu en profiter.
Retour sous le même ciel mitigé secoué par le mistral et prolongation pour certains à l'Abri Côtier !





Fini les
attentions particulières pour ses clientes, Michaël préfère le cours pointu de photographie appliquée avec Benoit. Lilas est dans
l'obligation d'intégrer les notions d'autonomie complète dans son dernier rappel.
Arrivée à la
fin de L2 de
Quand le
second devient exclusivement un assureur et non plus un partenaire de grimpe, le contrat moral de la cordée est il rompu ?

Sur cette vue d'ensemble, les ressauts successifs parcourus par la
voie sont reliés par des parcours d'arêtes. Plaquettes, pitons et arbustes composent l'équipement de cette voie façon montagne (coinceurs utiles). Tout en haut, on aperçoit la paroi du Signal avec sa fameuse fissure, son relais suspendu sur pitons et son passage clé passablement usé par des décennies de grattonage
(si, si, regardez bien, vous verrez tout ça !).
Dernière longueur sur l'Aiguille
Bertine. Ensuite, une petite marche de liaison et un parcours d'arête entrecoupé de fissures avant le Signal, ultime
épreuve : la plus gazeuse, la plus difficile !
Les retrouvailles sont joyeuses. Ravitaillement et réhydratation devancent les
récits les plus enflammés.
En premier lieu, avertir sa famille et ses amis de l'issue heureuse de l'aventure.
Puis vient l'excitation d'avoir participer à une journée mémorable.
Gaspard arrive au relais commun posé sur une large vire végétative.


Gaspard (ci contre à gauche) et Amandine en termine avec L2 du

Aussitôt arrivé, Sylvain est désigné pour faire la longueur suivante : L3 du 
Entre l'Oppidum et l'Aiguille Bertine (photo de droite), bienvenue dans un océan de dalle !
Le cliché typique des Deux Aiguilles !
Tous
les noms sont inscrits au pied de chaque voie. Un aménagement très "commercial" qui permet de s'amuser des calembours et de choisir sa ligne.
Lilas, dernière adoratrice du calcaire de la Sainte.

