Aveuglée par leur désir frénétique de vaincre cette aiguille mythique (
Le Pouce) par sa voie la
plus pure (et la plus rude :
"Le Pouce Intégral"), l'équipe menée par
Michaël et
composée de
Pauline,
Ivan et
Caroline ne prête guère attention aux consignes de prudence quant à l'ombre matinale encore présente sur cette face
ouest.
Et pourtant, nous ne sommes que début avril : en plein soleil, la chaleur commence à tremper les doigts sur des réglettes fuyantes mais les faces ombragées gardent un souvenir hivernal
à destination de leurs prétendants [
Note du rédacteur : Michaël ne serait-il pas un spécialiste de ces aventures polaires ?].
Gonflé d'un enthousiasme démesuré, ce groupe draine dans son sillage une autre cordée de
photographes dans la ligne parallèle de
"la Brioche". dans le but d'immortaliser le fameux franchissement du
Pas
du Pouce. Leur sort sera indentique :
frigorification au premier degré
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L'itinéraire du "Pouce Intégral" court sur le fil du pilier avec des relais "trois étoiles"
sur chaque vire intermédiaire.
Encore tout réchauffé de leur approche, le vent et la pression de l'engagement ne les ont pas encore refroidi. Cela ne saurait tarder
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L'engouement, l'allégresse et l'excitation ne sont que de maigres parures contre le souffle glacé d'une brise imperceptible depuis le "
camp de base" de la plage d'
En Vau. Tout ce joli monde s'en mordra les doigts et les plus vaillants frissonnent encore sous la maigre
couverture de leur Tee-shirt.
Heureusement que la voie elle-même les force à crisper nerveusement les prises en raison de son engagement conséquent.
Encore frais dans la première longueur, les leaders sentent leur mental se dérober dans les longueurs suivantes quand il faut sans cesse avancer, avancer et avancer encore avant de
clipper fébrilement l'une des rares plaquettes.
Le temps d'assurer le "collègue" et le moral est revenu ... jusqu'à la première dégaine de la longueur suivante puis l'inquiétude refait surface.
Des plus discrets, les coinceurs sont restés bien au chaud au fond des sacs sur la plage : pas fou, les
bicoins !! Mais surtout, pas avertis de leur présence
Première longueur et déjà, peu de dégaines à
poser !
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Alors qu'Ivan arrive au relais, Pauline assure déjà Michaël dans L2.
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De Caroline aux prises
avec L1 à Michaël dans les gradins finaux de L2, plus de 40 mètres les séparent. Pourtant, le même sentiment les assaille : effroi ???
Non, "j'ai froid" !
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Ivan dans L2.
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Juste avant le dernier ressaut sous la pointe du Pouce. Rocher blanc sur fond blanc, le contraste
n'est pas aussi saisissant qu'en direct.
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Enfin, le but approche : l'arrivée au sommet !
Un rapide coup d'oeil au chas de l'aiguille (creux de taille surhumaine puisqu'on y tient largement debout) et il faut s'envoyer les derniers mètres pour trendre les bras en signe de victoire !
Tant décrite le long des sentiers d'approche ou lors des veillées nostalgiques énumérant les souvenirs tous plus émouvants les uns que les autres, la séquence du
Pas du Pouce s'ouvre face à eux : le vide entre la "
terre promise" en forme de calcaire gris et leur
éperon étriqué.
Michaël montre la marche à suivre : descendre au plus bas de l'échancrure, trouver ces appuis les plus confiants, évaluer la distance et tendre incrédulement la
jambe vers le
havre de la face accueillante pour finalement l'effleurer dans un souffle de soulagement ; prendre pied de part et d'autre comme un trait d'union entre
l'aléatoire et la réalité du concret pour finalement ramener tout son corps du bon côté :
sauvé !!!
Une rumeur raconte que certains écervelés,
persuadés de cette méthode officielle, se sont jetés en face alors qu'ils n'avaient que les pieds à hauteur des mains de Michaël. Encore de l'intox diffusée
honteusement sur le web ? ...
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Après la désescalade et l'enjambement, la sérénité revient avec les appuis stables en écart !
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Tiens ! Ivan sort de son trou !
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Pauline à son tour fait preuve de souplesse
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Elle est (r)assurée comme il se doit par un téléphérique : un brin passé dans l'anneau sommital (qui sera détaché dès le pas effectué) et l'autre directement vers
l'assureur.
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Caroline ferme la marche !
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Avoir la preuve de la possible réalisation d'un passage le rend plus simple : l'émotion est moins forte pour le second que pour celui qui se retrouve à-vue, décryptant les solutions au fur et à
mesure de sa lecture de la situation.
Ainsi, tout le monde passe tranquillement le pas sous les encouragements des partenaires.
Pour ceux que l'aventure tente mais que l'enchainement de 6a engagés rebute, rappelons qu'il existe une voie normale au
Pouce avec des difficultés moindres (4-5) mais un équipement à l'ancienne (pitons, bequets rocheux, arbustes) et un itinéraire serpentant vers la cheminée
sommitale.