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Bienvenue à tous !

Sous la conduite du très expérimenté Guy, éleveur de grimpeurs depuis 1973, les étudiants de Marseille peuvent s'initier à la pratique de l'escalade et à l'apprentissage de l'autonomie en cordée dans le cadre des activités du service des sports.

Ce journal contient les résumés des sorties en falaises organisées les week ends de novembre à juin.

[En dehors de cette période, ne vous attendez pas à de fréquentes mises à jour !]

Les participants peuvent nous écrire quelques anecdotes. C'est les amis et la famille qui vont s'étonner de vous voir si téméraire !!!

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Etudiantes, étudiants !  Grimpeuses, grimpeurs !

 

Ce blog est le votre alors faites-le vivre en envoyant des résumés ou des anecdotes vécues lors des sorties d'escalade de la fac' . Pas de recherches esthétisantes sur la présentation mais de l'infos, des images et du vécus !!! Vous êtes également invités à réagir avec vos commentaires sur les articles !

 

 


 

   Les difficultés d'organisation et la mort annoncée des sorties fac' sont décrites dans la page "Les sorties fac' en péril". 

   Définitivement oubliées ? Perdues dans les méandres de la mémoire collective ? Repoussées par le rythme immuable de la saison qui démarre, les sorties du printemps 2007 sont laissées en suspend. Peut être, un jour les retrouvera t on entremêlées dans notre lecture quotidienne ...

Samedi 29 mars 2008


undefined On s'attendait à une procession de chenilles à pareil époque. Mais année sans ou traitement radical, aucune ne pointe son nez dans les Calanques (ailleurs, elles sont partout).
 

En guise de procession, ce sont les étudiants qui s'amusent en file indienne sur le chemin de l'Aiguille de Sugiton.
 
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Malgré le mistral, le choix s'oriente vers ce site dans le but d'approfondir les techniques en plusieurs longueurs. L'approche imminente de la sortie des "petites traversées" demande d'être au point sur ces manoeuvres.

Dans les 40 minutes qui suivent l'arrivée au camp de base, les leaders font un choix fulgurant de leur voie en face sud-est pour espérer un peu de soleil et d'abri du vent.
Certains, aveuglés par leur propre désir, ne proposent que difficulté irréalisable à des seconds condamnés aux séances de tire-clou (voir plus loin). Ce n'est pas vraiment l'esprit des sorties fac' où le plaisir passe par une relative aisance pour tout le monde...



Guillaume, le roi de la couenne, part dans "L'ANPE", une classique dalleuse en première longueur puis avec une belle fissure technique en deuxième longueur, dans la pure tradition des pionniers (même si l'ouverture est de 1981, loin des années soixante).

Admirez la prestance !
... sans casque, ni sangles, ni dégaines longues, ni mousquetons à vis ! On imagine l'improvisation pour faire son relais !
 
 
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Sylvain (photo de droite) essaie de gérer la difficulté dans L1 en 5c : pas évident de résister dès le surplomb à rétablir !
Et ne parlons pas de passer la seconde longueur réclamant encore un peu de puissance dans la fermeture de bras.
Persévérance ! Voilà ce qu'il faut se dire quand on reste coincer à 40 mètres du sol ! 
Les efforts ne sont jamais superflus.
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Sur une ligne voisine, Gwen emmène Amandine dans "L'AJ", une voie sympathique si on se borne à ses deux premières longueurs. La dernière se résume à un pas de bloc violent et peu intéressant si ce n'est d'atteindre la crête.




 
La première longueur en 5b remonte une belle fissure avec d'accueillantes gouttes d'eau sur la gauche pour placer un petit écart.
 
 

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Une coupe de printemps, cela faisait bien dix ans qu'elle l'attendait ! L'impénétrable buisson a volé au vent (esquivant Caroline au passage) et libéré cette traversée redevenue confortable sans s'esquinter dans les ronces.

Suite de la deuxième longueur :

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Toujours dans un esprit d'initiation et de découverte, Michaël visite "Super vétéran" avec ses partenaires du jour : Lilas et Ariane.



Coté 4c sur le topo, cette fissure-cheminée en première longueur est un challenge autrement plus dur pour le grimpeur moderne plus habitué à l'escalade extérieure (comprendre la dalle) que l'escalade intérieure (ramonage, écart, oppositions en tous genres).

Nouveau Rebuffat contemporain, Michaël gère subtilement le passage ... surtout devant des spectatrices, il faut être à la hauteur.


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Indifférent à la pression, Michaël reconduit une partie de l'équipe qui lui a valu les honneurs des records d'ascension du "Crépuscule" (le mois dernier à relire sur ces pages).

Reléguant cette aventure au rang d'anecdote pour amateurs de sensationnel, il prouve toute sa valeur en menant ses deux clientes saines et sauves au sommet de cet interminable itinéraire d'au moins cinquante mètres ;-))
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Guillaume sort ; la voie est libre ! Le groupe s'attaque à la seconde longueur : une traversée ascendante suivant une belle fissure bien décollée. Toute la difficulté se situe à la fin quand cette faille se réduit en quelques verticales discontinues. Lilas observe avant de s'engager dans ce pas dur.


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Regroupement sur la crête de l'Aiguille ! A cette vue, elle prend tout son sens avec à peine trois mètres de large pour basculer d'un côté ou de l'autre.


Nul abri du vent ici ! Vite ! Descente en rappel d'urgence !

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Pour renforcer les chances de soutien, Matthieu (photo à droite) s'équipe de deux seconds pour affronter "T'aimes les vols canard ?". Une classique en 6 de la face ! Elle s'avérera surdimensionnée pour Olivier, préférant redescendre de L2 pour ne pas se gâcher sa journée.
undefined Fini les attentions particulières pour ses clientes, Michaël préfère le cours pointu de photographie appliquée avec Benoit. Lilas est dans l'obligation d'intégrer les notions d'autonomie complète dans son dernier rappel.



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Dans la même veine, la cordée suivante s'élance dans "Punch Coco", une ligne en 6b et 6b+ qui a sans doute ravie Caroline : les prises qu'elle a le plus utilisées sont faites de sangles et de cordes plutôt que de calcaire. L'apprentissage de l'artif' et du tire-clou n'était pas vraiment au programme de la journée. Espérons que ces deux longueurs dures n'ont pas entamé son plaisir.

Grimper à son niveau max est certes source d'accomplissement pour le leader mais partager une grande voie facile avec un partenaire d'un niveau plus bas sera bien plus valorisant pour la cordée.
C'est surtout cet état d'esprit qui est privilégié lors des sorties fac' : pas vraiment de recherche de performance  mais la réussite d'une cordée atteignant ensemble le sommet (un vrai esprit montagne en quelque sorte).
A bon entendeur, ...





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Microscopiques sur la photo, les cordées contigües à l'épreuve du tire clou !
Entre concours d'artif' dans l'une et erreur de parcours dans un 6c pour l'autre ! Quel est le meilleur choix ?
undefined Arrivée à la fin de L2 de "Punch Coco" 6b+. Bel effort ! undefined Quand le second devient exclusivement un assureur et non plus un partenaire de grimpe, le contrat moral de la cordée est il rompu ?





Le spectacle au sommet livre toute sa magie : la Paroi des Toits et ses dévers marrons, la calanque de Sugiton aux eaux turqoises, la calanque des Pierres Tombées, le Socle et la Grande Candelle.



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Pour le reste des participants n'osant pas se lancer dans plusieurs longueurs, Guy avait concocté quelques ateliers au secteur Angelvin : voies en tête ou moulinettes pour les plus dures, rappels depuis la vire.
Tout le monde a peu en profiter.


Retour sous le même ciel mitigé secoué par le mistral et prolongation pour certains à l'Abri Côtier !

par Gwen publié dans : Site école des Calanques
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Mardi 26 février 2008

 

Au même titre que les sorties phares de la saison à l'Eissadon (ou feu les sorties de Castelvieil), s'il y a un itinéraire à faire à Sainte Victoire, c'est "le Grand Parcours".

Evidemment, il faut avoir le niveau pour passer les 5c (old school comme on dit maintenant) et surtout avoir l'endurance pour aligner les 400 mètres de dénivelé.
Quand on a la qualité et l'expérience d'un guide comme Eric pour ouvrir la marche, il ne faut pas se faire prier.
C'est ainsi que se constitue rapidement les cordées : Eric emmènera derrière lui Fabrice et Nicolas, la cordée reversible suivante sera composée d'Adrien et de l'autre Nicolas.
Dans ce genre d'ascension, une seule consigne est de rigueur : ON NE TRAINE PAS ; Boulègue collègue !!!!!



Un point dans l'infini rocheux, Eric donne le rythme dès le premier ressaut des Deux Aiguilles.

 10h - top chrono : départ d'Eric dans "le Grand Parcours" L1 - 4c
 Le Grand Parcours : D+, 400m, 14 longueurs, 5c+ maxi Sur cette vue d'ensemble, les ressauts successifs parcourus par la voie sont reliés par des parcours d'arêtes. Plaquettes, pitons et arbustes composent l'équipement de cette voie façon montagne (coinceurs utiles). Tout en haut, on aperçoit la paroi du Signal avec sa fameuse fissure, son relais suspendu sur pitons et son passage clé passablement usé par des décennies de grattonage (si, si, regardez bien, vous verrez tout ça !).





Compact et parfaitement sculpté pour l'escalade, le mur de l'Aiguille Bertine !


Et au milieu des Deux Aiguilles s'élevait un grimpeur !




La taille imperceptible du grimpeur laisse imaginer l'ampleur de la face : à peine 100 mètres, mais déjà une belle ambiance !




Une cordée en finit avec L2 tandis que les autres sont dans L3 - 5c.
Au relais de L3.Dernière longueur sur l'Aiguille Bertine. Ensuite, une petite marche de liaison et un parcours d'arête entrecoupé de fissures avant le Signal, ultime épreuve : la plus gazeuse, la plus difficile !



Jonction des deux groupes !

Vers 18h, le soleil se couche derrière l'horizon et Eric assure ses compagnons depuis la crête. Après un fort lot d'émotions, tout le monde atteint le sommet venté.
Aucun relachement n'est autorisé car il reste à descendre par le sentier noir ... de nuit.
Premier piège, le Garagaï : gigantesque gouffre que le balisage traverse dans une obscurité profonde.
Prudence et progression lente sont les maitres mots surtout quand les éboulis s'effacent au dessus d'une barre rocheuse. Eric veille à la sécurité du groupe jusqu'à rejoindre le reste de la troupe au delà de 20h : journée bien remplie !




Fabrice, Adrien et Eric.Les retrouvailles sont joyeuses. Ravitaillement et réhydratation devancent les récits les plus enflammés. Eric, Aurore et Nicolas hilare au téléphoneEn premier lieu, avertir sa famille et ses amis de l'issue heureuse de l'aventure. Puis vient l'excitation d'avoir participer à une journée mémorable. Lilas, Fabrice




Eric, plus habitué à attendre ou secourir les cordées en perdition, inverse la situation en se retrouvant dans le groupe d'attardés. Toute expérience est bonne à prendre et celle ci ne faisait pas encore parti de son panel.
Ne lui reste plus qu'à envisager volontairement l'escalade au clair de lune dans cette voie.

Ainsi, pour la deuxième fois cette saison, les cordées engagées dans des entreprises sérieuses prennent un malin plaisir à tester la patience et éventuellement, la vision nocturne des participants en leur concoctant un retour sous les étoiles.
C'est un signe et même un avertissement pour les sorties à venir lorsque les grimpeurs seront tentés par de longues voies.
Si vous envisagez la prochaine journée en terrain d'aventure (samedi 15 mars), avertissez votre entourage de la fatalité inéluctable de 2008 : retour dans les profondeurs de la nuit.
 
 
 
 
 

par Gwen publié dans : Sortie niveau moyen : En Vau, les traversées (Eiss
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Jeudi 21 février 2008

Laissant Guy s'affairer avec les moulinettes à l'Aiguille Bertine, un petit groupe s'aventure dans l'initiation aux voies de plusieurs longueurs. 

Longeant la paroi des Deux Aiguilles, les deux cordées s'approchent du secteur des Boulons avec "le Boulon de droite" comme objectif.

Peine perdue ! La première longueur est squattée en moulinette ... comme souvent dans les grandes voies classiques (cherchez l'erreur).

Le site n'est pas limité à deux ou trois voies et le choix est grand. L'attention se reporte sur le symétrique "Boulon de gauche".

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Guillaume associé à Sylvain préfère rester à proximité de la première cordée (Gwen, Amandine et Gaspard) pour être supervisé dans ses manips au relais.
Ils feront donc un mix de voies homogène dans le 5c en parallèle du "Boulon de gauche" : L1 des "Deux écailles" puis L2 de "Pourvu qu'elles soient douces".

Dès les premiers mouvements, la longueur en 4c+ de la classique du "Boulon de gauche" met dans l'ambiance : sûrement ce petit plus qui rend l'adhérence proche d'un 5c des Calanques ;-))
Il faut s'habituer à cette rigueur dans la difficulté.

Bleu azur, grand soleil, caillou magique : en deux mots, le pied !
Même les handicapés des phalanges peuvent assurer.Gaspard arrive au relais commun posé sur une large vire végétative.

Guillaume dans L2 "Pourvu qu'elles soient douces" 5c entre deux touffes d'herbes.
Un trucage ? La photo a été tournée ? La preuve, la verticale donnée par l'herbe ! Allez relève toi Guillaume !



L2 "Pourvu qu'elles soient douces" 5c : le pied main dès que les solutions s'épuisent.


L2 "Pourvu qu'elles soient douces" 5c


Quelques pas en friction mais le style est surtout du mur avec de bonnes écailles. A 50 mètres du sol, les points suivants paraissent à des kilomètres : confiance en soit recommandée dans cet océan de dalles !

Ca engage !
Grimper en parallèle favorise les discussions de comptoir. A force, on aperçoit le relais sans avoir eu l'impression de trop forcé. "Trop facile les voies engagées des 2 Aig' ! " Attention à la prétention sous-jacente.




Gaspard dans L2 "Boulon de gauche" 5b+ Amandine dans L2 "Boulon de gauche" 5b+Gaspard (ci contre à gauche) et Amandine en termine avec L2 du "Boulon de gauche" 5b+.


Amandine dans L2 "Boulon de gauche" 5b+
Nichés les pieds dans le vide : ça gaze ? En casaque bleue, toque blanche, Gaspard devance largement Sylvain, casaque bleue clair, toque rouge.

Au première loge, Amandine et Gaspard admire le spectacle grand format avec une vue exceptionnelle sur la plaine jusqu'à la chaine de l'Etoile au loin.
Au premier rang pour les derniers mètres de Sylvain !







"Poussez vous de ma prise !"
Sylvain atteint le relais surchargé : 5 grimpeurs vachés dans un espace réduit. Heureusement que cette niche en contre bas peut se transformer en banc collectif. Un confort luxueux ? Oui, si on limite le temps d'attente à un petit quart d'heure. Au delà, le sang stagne et les membres s'ankylosent.On s'écarte devant l'athlète en plein effort !Aussitôt arrivé, Sylvain est désigné pour faire la longueur suivante : L3 du "Manchot excité" 4c. Le topo mentionne le rééquipement de cette voie. Aucun doute puisque les deux premiers points sont parfaitement visibles au dessus du relais. L'inquiétude des assureurs grandit quand ils s'aperçoivent que ce sont les deux seuls points de la longueur. 10 mètres après la dernière dégaine, Sylvain nullement impressionné par la distance capelle un arbuste pour faire un nouvel ancrage et poursuit le voyage.
L3 "le Manchot excité" 4c : 2 points puis plus rien ... même pas de relais !
La coulée blanche indique la dernière dégaine : comme s'il marchait sur le Prado, Sylvain avance tranquillement à 8 mètres du point.




 Au sommet de la paroi, toujours pas trace du relais indiqué. Sylvain est quitte pour une désescalade jusqu'à son petit genevrier. Doucement mais sûrement, il descend les pieds sans un seul frémissement. 
Bon sang ne saurait mentir comme dit la maxime quand on le voit aussi sûr de ses appuis. Ca nous rappelle un certain adepte du solo ...
Mouliné depuis son arbre jusqu'au relais, les compliments sont modestement rejetés : "oh, mais c'était facile". Bravo pour la sérénité tout de même !

Pendu depuis plus d'une heure à ce relais, les baudriers deviennent objets de torture et la retraite est vite convenu pour Guillaume et Sylvain.
Gwen monte récupérer la dégaine sur l'arbre via la longueur voisine et la traversée en L3 du Boulon est abandonnée. Le supplice s'achève avec les dernières consignes succintes sur le rappel (juste 30 minutes).

Heureusement que l'entreprise n'était pas plus sérieuse car avec deux longueurs en trois heures, on s'approche des rendements du Crépuscule.
 La suite de la journée montrera combien la journée est sous le signe du retour tardif.
 
 
 

par Gwen publié dans : Sortie niveau moyen : En Vau, les traversées (Eiss
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Samedi 16 février 2008

 

"Béni soit la Provence, son soleil, ses couleurs, sa douceur"

"Béni soit l'université de Marseille, ses sorties fac"

"Béni soit Guy"

A en croire les propos* entendus au retour des Deux Aguilles ce samedi 9 février 2008, on est proche de la confusion : 

Entre-t-on dans une nouvelle ère mystico-écolo spirituelle ? Est-ce l'avénement d'un nouveau mouvement religieux mêlant jouissance des bienfaits de la nature et plaisir dans l'épanouissement sportif ? Une secte voit-elle le jour sous nos yeux ?

On peut l'imaginer ! 

Un précepte : l'adoration du calcaire provençal sous toutes ces formes.
Les lieux de culte : partout où l'escalade peut se pratiquer avec des sanctuaires où chacun devra se rendre en pélerinage au moins une fois dans l'année : les Calanques, Sainte Victoire, Buoux.
Dans le rôle du grand gourou : Guy, leader expérimenté, maitre incontesté du solo, encensé lors de toutes nos cérémonies, sage parmi les sages, captivant les foules par d'incroyables et savoureux récits.

Devant tant de bénéfices dans la pratique de cette doctrine, le monde entier sera bientôt converti !



En tous cas, cette journée entière est fondatrice dans la saison 2007-2008. Fondatrice pour un groupe qui a franchi une étape dans son amour pour l'escalade, pour les falaises et la région qui nous accueillent.



Les Deux Aiguilles


Quel grimpeur digne de ce titre peut imaginer manquer pareil conditions au coeur de l'hiver ?
Pas de vent , un soleil omniprésent et un site majeur à notre portée.
Et pourtant de nombreux cadres ont préféré délaisser notre calcaire pour un support encore plus immaculé mais à l'absence complète d'adhérence et autrement plus glacé. Chacun ses choix. 
Pour les bienheureux présents à la Sainte Victoire, la journée sera remplie de souvenir.



Vue sur l'OppidumEntre l'Oppidum et l'Aiguille Bertine (photo de droite), bienvenue dans un océan de dalle ! Le cliché typique des Deux Aiguilles ! Aiguille Bertine




Dès l'approche, les participants défilent le long des lacets et découvrent la majesté des faces des Deux Aiguilles : un ressaut continu sur presque cent mètres, premier étage d'une face impressionante !

Glorieux VIP parmi les invités, Eric décrit le mythique Grand Parcours. Il se laissera facilement convaincre de mener un groupe dans cette expédition vers les crêtes sommitales de la montagne (voir l'article consacré).






Derniers lacets sous les Deux Aiguilles Nom de voieTous les noms sont inscrits au pied de chaque voie. Un aménagement très "commercial" qui permet de s'amuser des calembours et de choisir sa ligne.


Guy organise la séance



Le reste de la troupe se noie dans un déluge de dalles. Les voies se comptent en centaine et le choix est démesuré (même si nous fréquentons les inusables classiques). 
Certains se testent sur plusieurs longueurs histoire de ressentir le vertige d'une adhérence précaire à 80 mètres du sol. D'autres ont bien assez à faire avec les couennes interminables à l'engagement prononcé. 

Outre la dalle à adhérence, les Deux Aiguilles, c'est aussi une trace du passé où l'ouverture du bas était synonyme de courage et de confiance en soit. Le rééquipement en sécurisant l'assurage a conservé la distance entre chaque plaquette. Ici, pas de cotation facile et de lignes vite enchainées. 
C'est l'école de l'humilité. Tout se mérite ... et souvent, la trouille au ventre ! 
Il faut faire preuve de patience et d'abnégation en acceptant de descendre d'un cran dans la difficulté. Rien de tel qu'une séance aux Deux Aig' pour dégonfler un peu ses prétensions. La quintescence se trouve au secteur du Grand Mur avec des challenges historiques dans le 6 et le 7 : "Messaline", "Ovni", "Lévitation", "Médius", ...
Une fois les particularités des lieux digérées, le plaisir est immense !
A l'issue d'un combat mental épuisant, quelle décharge d'émotions lorsqu'on clippe le relais réussissant le à-vue ! Certainement, les souvenirs les plus marquants accompagnent les voies de caractère.





LilasLilas, dernière adoratrice du calcaire de la Sainte.


Debriefing au coucher du soleil
Une dernière au crépuscule




Quand le soleil commence à décliner, la fatigue atteint quelques uns préférant finir la séance à échanger leur projet à venir. A l'inverse, l'imminence de la fin de séance décuple les forces et donne un regain d'énergie aux grimpeurs les plus assidus.
Peu importe la nuit tombante, les voies toutes plus belles les unes que les autres s'enchainent à la suite.
Et quand on apprend que le groupe du Grand Parcours en a encore pour une bonne heure de descente, on remercie cette prolongation tombée du ciel. Les frontales s'allument et irradient la falaise endormie.

La fatigue refroidit les organismes et l'enthousiasme. Heureusement, Guy sait faire passer le temps plus rapidement en contant de passionnantes anecdotes dans les grandes traversées.

 


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Aligné comme à la parade, tous écoutent attentivement les péripéties des étudiants lors des années précédentes... en espérant très fort ne pas devenir le héros involontaire des prochaines saisons.
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Un air d'"Usual suspects" ?


Finalement vers 20h, nos rescapés nous rejoignent. La descente s'amorce couvert par le résumé de leur ascension.


La saison 2007-2008 semblent définitivement placé sous le signe des voies à rallonge et des retours tarifs à la lumière des étoiles.





* toute correspondance avec des discussions réelles n'est pas une coïncidence. Aucune fiction ! Les auteurs de ces paroles se reconnaitront ils ?

 
par Gwen publié dans : Sortie niveau moyen : En Vau, les traversées (Eiss
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Jeudi 7 février 2008
Quoi de plus normal que de commencer les vacances ou le week end par un réveil matinal !
Le départ est donc fixé à 8 heures de l'Obélisque de Mazargues ce samedi 9 février 2008, ce qui implique un rendez vous à 7h45 pour bénéficier d'une marge acceptable.
Ces efforts sont ils nécessaires, pensez vous ?
Certainement quand on connait la destination : la montagne Sainte Victoire.
Inscrite au programme, la sortie sera confirmée en fonction de la présence d'un encadrement suffisant, d'une météo satisfaisante et du niveau adéquat des inscrits. Résultat : samedi matin !

Sortie à la journée et niveau moyen oblige, l'inscription est obligatoire auprès de Guy avant vendredi 8 février matin.
Téléphone :  04 91 10 64 88
ou 04 91 10 64 47.

Ces inscriptions servent à préparer le matériel nécessaire. Aussi, les désistements de dernière minute doivent être renseignés par la même voie.





Add-on vendredi 8 février 2008 à 12h : 

A la cloture des inscriptions, 13 personnes se sont manifestées : 
Amandine, Aurore, Eglantine, Lilas, Adrien, Eric, Gaspard, Guillaume, Gwen, Laurent, Nicolas, Sylvain et Ulrick.

  
 
 
par Gwen publié dans : Actualité
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Mercredi 6 février 2008

  Témoignage rédigé par Michaël Robinet : 

 
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Le milieu vertical, son hostilité, ses dangers objectifs, vous connaissez !

Alors, imaginez les risques innombrables qui s'accumulent en hiver :   

  • journées courtes,
  • une météo des plus capricieuse : vent, neige, verglas, tempête,
  • températures inhospitalières,
  • des conditions de grimpe des plus déplorables,
  • et le dégel faisant naître une aléatoire pluie de cailloux.

Des conditions extrêmes qui réclament sérieux, prudence et grande organisation.
Vous l’aurez compris, une ascension hivernale n’est jamais de tout repos, ...


... même dans les Calanques !!!!




Pour preuve, laissez moi vous détailler le déroulé de cette journée épique du 2 février 2008 !

 

La marche d’approche depuis le parking de Morgiou jusqu’à l’Aiguille de Sugiton est avalée dans un temps raisonnable, malgré un petit arrêt pour observer le paysage et échafauder quelque projet dans les parois avoisinantes. Mon choix se porte sur "le Crépuscule", une fissure en 2 longueurs qui ne présente pas de difficulté particulière, si ce n’est une traversée en arête très aérienne pour rejoindre l’ancrage du rappel.

Je prépare le matériel, briefe mes clientes (Morgane, Lilas) et la 2ème cordée (Sidonie et Dorothée). Nous partons aussitôt rejoindre le pied de la voie. Il y a un peu de vent mais ce n'est qu'un courant d'air ! Qu’importe, faire équipe avec 4 filles ne peut que me ravir …

Dans mon enthousiasme, je débute la voie et rapidement, me rend compte que la difficulté est bien au dessus de ce que j’imaginais. Mais je ne dois rien laisser paraître. Tout le monde me regarde. Sous le poids de cette attention, je ne veux pas les décevoir. J’atteins non sans mal le premier relais et m’apprête à faire monter Morgane et Lilas quand un montagnard solitaire me fait signe : je ne suis pas dans la bonne voie !!!! Voilà bien mon premier problème et cela ne fait que commencer. 

Faisant entièrement confiance à mes partenaires de cordées pour gravir cette première longueur (5c/6a), je leurs fais signe de venir. J’ai sur-estimé mes secondes ou sous-estimé la difficulté mais le résultat est le même, elles sont bloquées dans les passages très à doigt où les placements sont très importants. Pour les aider un peu, je mets en place un mouflage pour tracter la corde. A la force de mes bras couplée à leurs efforts herculéens, la jonction s'opère et nous voilà tous au relais. Toutes ces manips de cordes ne sont pas sans conséquence : un magnifique paquet de nœuds nous attend. Encore quelques minutes de perdues. 

Nous rejoignons le relais de la voie normale où nous attendent Sidonie et Dorothée. Elles se préparent déjà à partir pour la 2ème longueur. Par anticipation, j'estime qu'il faut me retrouver en tête pour la traversée de l'arête. Aussi, je leur demande de faire un relais intermédiaire sur la vire suivante tandis que je grimperai d'une traite jusqu’au relais sommital.

Ce dernier relais est situé quasiment sur l’arête, ce qui l’expose aux rafales de mistral (tiens, on l'avait oublié celui là !). Morgane et Lilas sont rapidement sur place et j’entame directement la traversée. Le mistral redouble de vigueur. Il devient très difficile de se maintenir debout sans craindre d’être précipité par le vent dans le vide qui borde les deux cotés de la traversée (un bond qui ferait mauvaise impression sur le moral de mes troupes). Je m’empresse de faire venir mes secondes. Par précaution, Morgane a pris une extrémité de la corde de Sidonie et Dorothée afin de la passer dans les ancrages (pitons pour la plupart) qui ne sont pas facile à trouver (judicieuse et opportuniste idée). Je me prépare à lancer le rappel quand Dorothée me fait signe : Sidonie ne va pas bien. Des maux de ventre, la vue qui se trouble, un engourdissement des mains… 
Je me résigne à refaire la traversée dans l’autre sens pour rejoindre Sidonie et Dorothée, laissant derrière moi Morgane et Lilas. Mais me voici confronter à un sérieux dilemme. Descendre dans la voie avec Sidonie et laisser Morgane et Lilas faire un rappel sans aucune aide ou forcer Sidonie à faire la traversée pour faire le rappel à l’extrémité de l’arrête. Devant le manque d’expérience des cordées (et c’était bien le but de cette voie d'initiation), mon choix s'impose : j’accompagne Sidonie dans la traversée pour superviser tout le monde dans la descente. Tout se passe sans problème. 

Je prépare la corde pour le rappel et attend un moment d’accalmie entre deux rafales pour le jeter. Devant mon impatience, je jette la corde malgré le vent et elle file droit dans mon dos pour ce retrouver sur un ressaut plus bas dans la paroi. Pourvu qu’elle ne soit pas coincée. Pour le deuxième brin, je me résigne à attendre un répit des bourrasques. Avant de descendre, je révise une dernière fois la manip' du rappel avec tout le monde. 
Arriver en bas, il faut absolument éviter que sous la force du vent, la corde aille se coincer derrière une écaille. Sidonie est rapidement en bas du rappel et je l’accompagne jusqu’au reste du groupe. A mon retour, je m’aperçois que la corde du rappel est maintenant coincée dans une écaille. J’essaye en vain de la libérer mais n’y parvient pas. 

Finalement, Guy, le sauveur funambule, partira faire une voie oubliée sur le pilier pour rejoindre les 3 filles qui attendent depuis 30 minutes dans le vent. Appliquant la technique du pingouin serrée les unes contre les autres, elles ont survécu au refroidissement collectif. Bientôt tout le monde est en bas et nous pouvons enfin rentrer.
  
 

Le bilan de cette ascension n’est pas très glorieux. Départ 10h, retour 16h30, soit 6h30 pour faire une voie de 2 longueurs, des nœuds dans les cordes, un rappel coincé. Quoi qu’il en soit, ce fut un exercice intéressant pour moi que de gérer cette situation qui s’avérera plus tard être une petite crise d’angoisse décuplée par le froid. Je tiens aussi à remercier tout le monde pour leur patience, Morgane et Lilas pour avoir assurer sans peut être pour autant savoir tout ce qui se passait, Dorothée pour avoir gérer la situation avec Sidonie et Sidonie pour s’être forcée à faire la traversée et le rappel.

 

Je pense que je m’en souviendrai longtemps … 








Additif du correcteur (Gwen) :

A la lecture de ces lignes et des difficultés rencontrées,  voici quelques solutions supplémentaires pour accroitre vos possibilités dans ces situations : 

  • Vue la configuration de la voie (60 mètres rectilignes sans dévers), il est possible de mouliner sur un brin le grimpeur en difficulté. Avec les cordes à doubles de 80 mètres, l'opération est envisageable. Arrivé au sol, le grimpeur se détache et on peut ravaler la corde pour faire la traversée. Cette solution n'est envisageable qu'avec une corde assez longue, un grimpeur un minimum coopérant, un profil positif sans dévers.
  • Installer son rappel n'oblige pas à jeter systématiquement la corde. Non seulement le vent peut l'emporter mais la végétation peut l'accrocher ou même une cordée peut grimper dans cette voie de descente et se faire ainsi violemment fouetter. Dans ces conditions, il convient d'entamer le rappel avec les anneaux en mains et de les dérouler au fur et à mesure de sa progression. 

 


par Michaël publié dans : Site école des Calanques
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